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Le Mardi 11 Août 2020

  • Concerts
  • Abbaye de la Sainte-Trinité de Lessay
Adresse : Abbaye de Lessay Avenue Paul Jeanson 50 430 Sainte-Trinité de Lessay
Téléphone : 02 33 45 14 34
Fax : 02 33 45 77 17
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Correspondances
Sébastien Daucé

Mardi 11 Août 2020 à 21h00
Abbatiale de Lessay

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CEREMONIES DE VOYAGE
CHARPENTIER |  DE LALANDE |

 

  • MARC-ANTOINE CHARPENTIER (1643-1704)
    • Beati omnes
    • Musiques de processions
    • Super flumina Babylonis
    • In odorem
  • MICHEL-RICHARD DE LALANDE (1657-1726)
    • Deitas majestatem

 

8 musiciens, 3 choristes
Orgue, clavecin, régale

 

Cérémonies de Voyage

Au siècle de Louis XIV, les musiciens du roi constituent une petite société très hiérarchisée. Certains sont dévolus au service des appartements, d’autres aux cérémonies d’extérieur, d’autres encore aux dévotions royales. Pour autant, ils ne sont pas attachés à un lieu précis : d’abord parce que la cour est itinérante (au moins celle d’avant-Versailles), mais aussi parce qu’ils sont attachés doublement à une fonction et au souverain : si le roi est à la guerre, c’est sur le campement royal qu’il faut jouer la musique !

Partant de l’idée d’itinérance, ce programme évoque la vie des musiciens du grand siècle dans leur quotidien, bien moins formel et hiératique qu’on veut bien l’imaginer. Certes, Lully, Lalande et bien d’autres composent et dirigent les grands motets à la chapelle royale. Néanmoins, quand le roi n’est à Paris ou à Versailles, ils doivent composer avec le contexte : moins de musiciens disponibles, des conditions de jeu parfois rocambolesques, des instruments rudimentaires, et plus généralement tous les aléas liés aux déplacements.

Le répertoire s’en trouve profondément modifié. L’idée d’une œuvre « finie », achevée et définitive n’existe pas au XVIIe siècle : le contexte qu’il faut prendre en compte en permanence empêche tout simplement cette notion. On pourrait penser qu’il ne reste des traces que des musiques solennelles, des musiques de l’ordinaire royal. Certes, les éditions qui nous sont parvenues reflètent très majoritairement cela. Pourtant, de ces adaptations presqu’en temps  réel, il reste pourtant des traces : c’est du côté de quelques manuscrits qu’on en comprend les principes.

On voit par exemple comme les fameux « Grands motets » donné à la chapelle royale Versailles, à renfort de grands effectifs vocaux et instrumentaux, étaient littéralement transformés, adaptés pour être joués par une dizaine de musiciens : soit parce que l’équipe complète n’était pas encore arrivée sur le lieu de la villégiature royale, soit qu’elle en était déjà partie pour se rendre sur l’étape suivante. On reconnaît alors les motets tant-aimés par le roi, mais dans une version allégée et presqu’intime.

On trouve encore une tout autre notion d’itinérance au gré des manuscrits musicaux du XVIIe siècle, avec des œuvres destinées aux processions (les musiciens eux-mêmes faisant partie du cortège). Marc-Antoine Charpentier a laissé au gré de ses manuscrits de nombreuses indications qui en attestent : il y note clairement à quel moment doivent jouer les musiciens en fonction de l’avancée de l’évêque, du célébrant. Tant que cette étape n’est pas franchie, les musiciens répètent ce qu’ils viennent de jouer !

Les processions constituaient un socle important du cérémonial : elles participaient à fonder et à rythmer la vie d’une communauté. Les chars, les fleurs, les bannières, les reliques ajoutaient à la solennité au même titre que la musique.

 

Cette idée de lier la musique au voyage, au déplacement, dépasse le cadre de ce concert et du XVIIe siècle : pendant plusieurs jours du mois d’aout 2020, tous les musiciens qui jouent ce soir sillonnent le sud de Normandie, passant d’une étape à l’autre tantôt à vélo, à cheval, en voiture à hydrogène, en tout cas sans émission de Co2. A la rencontre d’artisans d’exception, de lieux de patrimoine de premier plan, ils donnent chaque soir un concert à l’assemblée en attendant de retrouver le Théâtre de Caen à l’automne avec le Ballet royal de la Nuit.

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Sébastien Deaucé

Localisation
Abbayes de Normandie
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76824 Mont-Saint-Aignan Cedex

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